RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN

MINISTÈRE DE LA JUSTICE

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Les avocats du Cameroun ont effectué le vendredi 07 juin 2019 dernier la rentrée solennelle du Barreau.

Ceci, dans la suite d’un colloque de 2 jours les « nouveaux marchés du droit », un tutoriel sur leurs nouvelles niches professionnelles. Les participants ont ainsi partagé un moment faste d’échange sur les valeurs liées à l’exercice de cette profession. Venus du Bénin, du Sénégal, du Burkina-Faso, du Niger, du Congo, du Tchad, du Gabon, de la République démocratique du Congo, du Rwanda, de Sierra Leone, de Tanzanie, de France et de Suisse, ils ont inauguré en compagnie des confrères camerounais, l’année judiciaire de la défense.

Le Bâtonnier Charles TCHAKOUTE PATIE a donc réussi haut la main le pari du rassemblement, tel qu’attesté par la nuée de robes noires qui a obscurci le Palais des sports le vendredi 7 juin 2019 dernier. Parmi les personnalités présentes, outre le représentant personnel du ministre d’Etat, ministre de la Justice garde des Sceaux Laurent ESSO en la personne du ministre délégué auprès du ministre de la Justice Jean De Dieu MOMO, le président du Conseil constitutionnel Clément ATANGANA. D’anciens Bâtonnier et Présidents de l’Assemblée générale des avocats à l’instar de Charles TCHOUNGANG, Odile MBALLA MBALLA, Francis SAMA, Patrice MONTHE, ont également été témoins de l’évènement. Le public a eu droit à des allocutions aussi variées que riches, propos qui ont tourné autour de la solidarité de corps et le combat pour le respect des libertés qui sous-tend l’existence même de l’avocat.
La cérémonie a débuté à 10h 05 minutes. Les co-présidents du comité d’organisation de l’évènement, notamment Me Eric MBA et Me Emmanuel TANG ont planté le décor. L’assistance verra alors défiler tour à tour, le Président de la Conférence des Barreaux de l’Uemoa, le sénégalais Mbaye GUEYE, le Bâtonnier de Pointe noire au Congo, suivie d’un panel de membres de Barreaux étrangers.

L’APPEL DE YAOUNDE A UNE UNIFICATION DES BARREAUX NATIONAUX
Sylvie Nicole MOUYECKET a fait retentir ce vibrant appel de Yaoundé, appel à considérer l’UEMOA comme modèle d’union pour la défense des avocats. Yaoundé ayant en Afrique centrale le plus grand Barreau, il serait salutaire, des propos du Bâtonnier de Pointe noire au Congo Brazzaville, qu’en collégialité avec les Barreaux du Gabon, du Tchad et des autres pays, qu’ils s’unissent pour former une unique entité dotée d’un règlement et des de textes uniformes. Ceci sur le modèle des 8 barreaux de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) où il est de nos jours possible pour un avocat ghanéen de s’installer et exercer en toute liberté en Côte d’Ivoire. Et ce regroupement ne se fera pas sans l’accompagnement des pouvoirs publics. Une main tendue à l’intention du ministre d’Etat ministre de la Justice garde des Sceaux auquel son représentant, le ministre délégué Jean De Dieu MOMO a répondu par un retentissant « je vous ai compris », avant de spécifier que l’avocat-membre du gouvernement qu’il est depuis 6 mois seulement est surtout un facilitateur.
L’Union panafricaine des avocats a appelé le Cameroun à s’appuyer sur les piliers que sont sa diversité, son bilinguisme et son bi juridisme pour se débarrasser de ses lacunes. Les barreaux étrangers représentés par Basile ADER, le vice-bâtonnier de Paris Richard SEDILLOT, Elie ELKAIM le président de la Conférence internationale des barreaux de tradition juridique commune basée à Lausanne en Suisse, Basita MICHAEL de Sierra Leone, tous ont à l’unisson magnifié la profession d’avocat. Ils ont par ailleurs prôné l’unité de la défense dans son ensemble, en s’insurgeant contre les atteintes aux droits de cette défense, atteintes dont ils sont victimes dans l’exercice de leur profession partout dans le monde.
Evaristus MORFAW, le Président de l’Assemblée générale des avocats pour sa part a réitéré l’appel à l’unité du Barreau. Il a aussi souhaité que règne la justice pour la paix au Cameroun car pour lui sans justice, il n’y a pas de paix.
Me Charles TCHAKOUTE PATIE dans sa communication est parti de la définition du juge, ce professionnel du droit qui « révèle l’avocat qui à son tour éclaire le juge », pour préciser que le juge qui est le garant de l’Etat de droit est au cœur de la détention de l’avocat. Le Bâtonnier du Barreau du Cameroun a par le fait demandé la relaxe de ses 2 confrères Me NDOKI Michèle arrêtée lors de la manifestation de son adhésion à des idéaux d’un parti politique et de Me Fabrice Ronald TCHOUMEN, détenu depuis peu à Nkongsamba dans le Moungo. Le Bâtonnier de l’ordre a aussi demandé la modification de la loi sur la lutte contre le terrorisme, une loi qui pour lui traîne le citoyen ordinaire devant la juridiction d’exception qu’est le tribunal militaire.
Un tonnerre d’applaudissement a salué ces propos de Me TCHAKOUTE PATIE qui a en outre exhorté la jeunesse du barreau à la patience car « dans la forêt, seuls les arbres nobles croissent lentement ».